Déchets industriels banals (DIB) : définition, réglementation et gestion en entreprise
Papier, bois, plastiques… les déchets industriels banals (DIB) sont partout dans les entreprises. Découvrez comment les trier et les valoriser efficacement.

Papier, bois, plastiques… les déchets industriels banals (DIB) sont partout dans les entreprises. Découvrez comment les trier et les valoriser efficacement.

Chaque année en France, les entreprises produisent plusieurs dizaines de millions de tonnes de déchets professionnels. Parmi eux, les Déchets Industriels Banals, les fameux DIB, représentent un volume important et, paradoxalement, restent encore mal connus. Pourtant, leur gestion est un enjeu économique, réglementaire et environnemental de premier ordre pour toute entreprise, quelle que soit sa taille ou son secteur d'activité.
Ne vous fiez pas au nom de « Déchet Industriel Banal ». En effet, le mot « banal » ne veut pas dire que ces déchets sont sans importance. Il indique simplement qu'ils ne présentent pas les propriétés de danger définies par la réglementation. En réalité, les DIB sont aux entreprises ce que les ordures ménagères sont aux particuliers. Ce sont des résidus du quotidien, issus directement de l'activité de production, de commerce ou de services.
Un DIB peut donc être un carton d'emballage sorti d'un entrepôt logistique, une chute de bois venue d'un atelier de menuiserie, un film plastique usagé dans une unité de production agroalimentaire ou encore des métaux issus d'une ligne d'assemblage industrielle. Ils ne sont pas considérés comme des déchets dangereux (DID), puisqu’ils ne présentent pas les propriétés qui caractérisent ces derniers, comme cela peut être le cas des solvants, des huiles usagées ou de certaines peintures.
Aujourd'hui, on utilise également le terme de déchets non dangereux (DND) pour désigner cette catégorie de déchets. L'appellation DIB reste toutefois très répandue chez les professionnels, notamment dans les secteurs de l'industrie, de la logistique et du bâtiment.
Selon le bilan environnemental de la France publié par le SDES (Ministère de la Transition écologique), la France a généré 94,7 millions de tonnes de déchets non dangereux non minéraux en 2018, tous secteurs confondus, y compris les ménages. Une part importante de ces déchets provient des activités professionnelles. Ce chiffre illustre à lui seul l'ampleur des flux à gérer et la nécessité de mettre en place une organisation rigoureuse à l'échelle de chaque site, de chaque entreprise et, plus largement, à l'échelle nationale.
Les Déchets Industriels Banals regroupent une large variété de matériaux issus d’activités professionnelles courantes. On y retrouve notamment :
Papier et carton : archives, emballages, cartons de livraison. Le papier est l'un des flux les mieux valorisés en France, avec des filières de recyclage solides et une demande industrielle soutenue.
Plastiques : films d'emballage, contenants rigides, polystyrène expansé. Ces matières nécessitent un tri précis car toutes les qualités de plastique ne sont pas recyclables dans les mêmes conditions.
Bois : palettes, caisses, éléments de mobilier cassés. Le bois représente un gisement important, notamment dans le BTP et la logistique. Il peut être réemployé, transformé en panneaux ou valorisé énergétiquement.
Métaux : chutes d'aluminium, acier, ferraille légère. Les métaux sont parmi les matières les plus facilement recyclables, avec un taux de valorisation élevé et une vraie valeur économique sur le marché des matières secondaires.
Textiles : chutes de production, uniformes usagés, protections industrielles non contaminées. Un flux encore sous-exploité, mais qui fait l'objet d'une attention croissante dans le cadre de l'économie circulaire.
Déchets non recyclables : résidus divers, balayures, matériaux souillés non dangereux. Ces fractions résiduelles peuvent être orientées vers la valorisation énergétique ou, lorsque les conditions réglementaires sont remplies, vers une installation de stockage.
Gravats et déchets du BTP : lorsqu'ils sont non pollués, les gravats sont généralement classés parmi les déchets minéraux non dangereux ou inertes. Ils ne relèvent donc pas exactement de la même catégorie que les DIB non minéraux et disposent de filières de recyclage spécifiques.
Tous les déchets non dangereux ne doivent pas nécessairement être déposés dans une même benne. Certains matériaux disposent de filières de valorisation spécifiques et sont soumis à des obligations de tri à la source.
Voici les principales catégories rencontrées dans les entreprises.
Type de déchet | Exemples | Filière à privilégier |
|---|---|---|
Papier et carton | Cartons d'emballage, archives | Collecte papier-carton |
Plastiques | Films, emballages, contenants | Collecte des plastiques recyclables |
Bois non dangereux | Palettes, chutes de bois | Filière bois |
Métaux | Ferraille, aluminium, acier | Collecte et recyclage des métaux |
Verre | Bouteilles, emballages en verre | Filière verre |
Textiles non dangereux | Chutes de production, vêtements | Filière textile adaptée |
Gravats non pollués | Béton, briques, tuiles | Filière déchets minéraux |
Plâtre | Plaques de plâtre, chutes | Filière plâtre |
Déchets résiduels non dangereux | Mélanges autorisés non valorisables séparément | Collecte DIB résiduelle adaptée |
Bon à savoir : le fait qu'un déchet soit non dangereux ne signifie pas qu'il peut être mélangé à tous les autres. La réglementation impose le tri de plusieurs flux et encadre les possibilités de collecte conjointe.
Ces trois catégories sont souvent confondues, alors qu'elles ne présentent pas les mêmes caractéristiques et ne nécessitent pas les mêmes solutions de collecte.
Les DIB regroupent principalement des déchets non dangereux et non inertes issus des activités professionnelles, comme les cartons, plastiques, métaux ou bois non dangereux.
Les déchets inertes correspondent notamment aux gravats, au béton, aux briques et aux tuiles non pollués. Ils ne subissent pas de transformation physique, chimique ou biologique importante dans les conditions définies par la réglementation.
Les déchets dangereux présentent une ou plusieurs propriétés de danger, par exemple l'inflammabilité, la toxicité ou la corrosivité. Ils nécessitent des précautions particulières et des filières spécialisées.
Pour les professionnels du bâtiment, cette distinction est essentielle. Un chantier de rénovation peut produire simultanément ces trois catégories, qui doivent être identifiées et gérées correctement.
Les DIB sont encadrés par le Code de l'environnement (articles L541-1 et suivants) et par plusieurs lois majeures :
La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) du 17 août 2015.
La loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC) du 10 février 2020.
Ces textes imposent à chaque producteur ou détenteur de déchets d'en assurer la gestion jusqu'à leur valorisation ou leur élimination finale. Cette responsabilité est précisée par l'article L541-2 du Code de l'environnement.
En pratique, cela implique :
Le tri à la source des déchets recyclables
La collecte et le stockage dans des conditions conformes
Le transport et le traitement par des prestataires respectant les obligations applicables
La conservation des informations de traçabilité exigées selon la catégorie des déchets
Depuis le 1er juillet 2016, les obligations de tri à la source ont progressivement été renforcées. Elles concernent notamment le papier, le métal, le plastique, le verre et le bois. Les fractions minérales et le plâtre sont également concernés pour les déchets de construction et de démolition.
Depuis le 1er janvier 2025, les textiles font également partie des flux soumis aux obligations de tri.
Ces dispositions sont précisées dans les articles D543-278 et suivants du Code de l'environnement.
Ne pas respecter ces obligations peut entraîner des sanctions administratives et pénales, dont la nature et le montant dépendent des infractions constatées. Certaines infractions graves à la réglementation sur les déchets sont notamment sanctionnées par l'article L541-46 du Code de l'environnement.
Le tri à la source est aujourd'hui une obligation importante pour les entreprises, mais son application dépend de la nature des déchets et des conditions réglementaires prévues.
Pour les activités concernées, il faut notamment organiser le tri des flux suivants :
Papier et carton
Métal
Plastique
Verre
Bois
Textiles
Fractions minérales du BTP
Plâtre issu des travaux de construction et de démolition
Ces catégories sont généralement associées aux obligations dites de « tri 7 flux » et « tri 8 flux » dans le bâtiment.
Le tri de ces déchets peut être organisé à travers différents contenants, bacs ou bennes.
Il existe toutefois des possibilités de collecte conjointe pour certaines catégories, sous réserve de respecter les conditions réglementaires et de ne pas compromettre leur valorisation ultérieure.
Cela signifie qu'une entreprise n'est pas nécessairement obligée d'installer une benne différente pour chaque matériau. En revanche, elle doit s'assurer que son organisation du tri est conforme et que les déchets seront orientés vers les filières adaptées.
Les conditions exactes sont précisées par l'article D543-281 du Code de l'environnement.
La traçabilité est un aspect important de la gestion des déchets professionnels.
Contrairement aux déchets dangereux, les DIB ne nécessitent pas systématiquement un bordereau de suivi des déchets dangereux (BSD) via Trackdéchets.
En revanche, les entreprises concernées doivent conserver les informations relatives aux déchets qu'elles produisent, remettent à un tiers ou prennent en charge.
Selon les obligations applicables, plusieurs documents peuvent être utiles :
Document | Utilité |
|---|---|
Registre chronologique des déchets | Enregistrer les informations sur les déchets produits et évacués |
Bon d'enlèvement | Justifier la réalisation d'une collecte |
Bon de pesée | Connaître le poids réellement collecté |
Attestation de valorisation | Justifier les quantités et les destinations de valorisation des flux concernés |
Facture ou justificatif du prestataire | Conserver les informations relatives à la prestation |
Le registre chronologique permet notamment de suivre les quantités, la nature, l'origine et la destination des déchets.
Les dispositions applicables figurent à l'article R541-43 du Code de l'environnement.
Pour certains flux soumis aux obligations de tri, les opérateurs concernés doivent également délivrer une attestation annuelle indiquant les quantités collectées et leur destination de valorisation, selon les conditions prévues par la réglementation.
Conseil : pensez à demander à votre prestataire les justificatifs correspondant aux déchets collectés. Ils vous permettront de suivre votre gestion des déchets et de répondre plus facilement à d'éventuels contrôles.
La gestion efficace des Déchets Industriels Banals est essentielle pour respecter la réglementation, réduire ses coûts et améliorer son impact environnemental. Voici les bonnes pratiques à suivre :
1. Trier à la source
Mettre en place un tri dès la production facilite la valorisation. Il permet d’isoler les matières recyclables et de réduire la quantité de déchets ultimes à éliminer.
2. Organiser une collecte adaptée
Selon le volume et la fréquence de production, plusieurs solutions existent :
Bacs roulants pour les petits volumes
Location de benne DIB pour les volumes importants ou réguliers
Collecte mutualisée dans les zones artisanales ou industrielles
3. Valoriser les matières
Une grande partie des DIB peut être recyclée :
Le papier et le carton sont transformés en pâte recyclée
Le plastique devient granulé pour l’industrie
Le bois est réutilisé pour fabriquer des panneaux
4. Valoriser énergétiquement
Les déchets non recyclables qui s'y prêtent peuvent être utilisés pour produire de la chaleur ou de l’électricité dans des unités de valorisation énergétique. L’enfouissement reste une solution de dernier recours, dans les conditions prévues pour les déchets pouvant être admis en installation de stockage.
Bon à savoir : Les entreprises peuvent s’en remettre à des recycleurs et à des centres de tri des déchets, qui séparent les matières recyclables des fractions résiduelles à traiter.
Toutes les entreprises ne produisent pas les mêmes déchets. L'organisation du tri doit donc être adaptée à la nature de l'activité, aux volumes produits et à la place disponible.
Voici quelques exemples concrets.
Activité | Déchets les plus fréquents | Organisation conseillée |
|---|---|---|
Entrepôt logistique | Cartons, films plastiques, palettes | Collectes séparées des principaux flux |
Atelier de menuiserie | Chutes de bois, emballages, poussières | Filière bois adaptée et tri des emballages |
Commerce | Cartons, plastiques, déchets résiduels | Bacs de tri et collecte régulière |
Chantier de rénovation | Bois, gravats, plâtre, métaux, emballages | Tri des flux concernés et contenants adaptés |
Industrie manufacturière | Chutes de production, métaux, emballages | Collecte organisée selon les matières et volumes |
Bureaux | Papier, carton, emballages, déchets résiduels | Bacs de tri identifiés et collecte adaptée |
Par exemple, un entrepôt logistique qui produit quotidiennement de grandes quantités de cartons et de films plastiques n'a pas les mêmes besoins qu'une entreprise réalisant ponctuellement des travaux de rénovation.
Dans le premier cas, une collecte régulière des matériaux recyclables peut être préférable. Dans le second, la mise à disposition temporaire de plusieurs bennes peut permettre d'évacuer les différents déchets au fur et à mesure du chantier.
Une mauvaise organisation peut compliquer la collecte, augmenter les coûts de traitement et empêcher la valorisation de certains matériaux.
Voici les erreurs les plus fréquentes :
1. Mélanger les déchets dangereux avec les DIB
Les peintures dangereuses, solvants, huiles usagées ou matériaux amiantés ne doivent pas être déposés dans une benne DIB classique. Leur présence peut entraîner le refus de prise en charge du chargement.
2. Déposer des gravats dans une benne DIB sans autorisation
Les gravats et déchets minéraux disposent de solutions de collecte spécifiques. Leur poids important peut également dépasser la charge maximale autorisée pour une benne destinée aux déchets légers.
3. Ne pas séparer les matières recyclables lorsque c'est obligatoire
Le papier, le carton, le métal, le bois ou certains plastiques doivent être orientés vers les filières adaptées, conformément aux obligations de tri.
4. Choisir une benne uniquement en fonction de son volume
Une benne de grande capacité ne convient pas nécessairement aux déchets les plus lourds. Il faut également tenir compte du poids maximal autorisé et des conditions d'accès.
5. Ne pas conserver les documents de collecte
Les justificatifs d'enlèvement et les documents de traçabilité permettent de suivre les flux de déchets et de faciliter les contrôles.
Ces précautions sont particulièrement importantes pour les entreprises qui produisent régulièrement plusieurs catégories de déchets.
Confier ses déchets à un prestataire spécialisé ne signifie pas nécessairement que la totalité des matières collectées sera recyclée.
Une partie des déchets peut être réemployée ou recyclée, tandis que les fractions résiduelles sont dirigées vers d'autres solutions de traitement.
Pour mieux comprendre le devenir de vos déchets, vous pouvez demander plusieurs informations à votre prestataire :
La destination des déchets après leur enlèvement
Le type d'installation utilisée pour leur tri ou leur traitement
Les quantités collectées par catégorie
Les filières de valorisation mises en œuvre
Les justificatifs ou attestations disponibles
Par exemple, les cartons propres et séparés peuvent être orientés vers une filière de recyclage, tandis que certains déchets en mélange nécessitent un passage en centre de tri avant toute valorisation éventuelle.
L'objectif n'est donc pas seulement de faire enlever les déchets, mais aussi de comprendre ce qu'ils deviennent.
Pour simplifier la gestion de vos DIB, la location de benne est une solution rapide, économique et adaptée aux besoins de nombreuses entreprises, à condition de respecter les règles de tri et de collecte applicables.
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La livraison et la reprise de la benne
Le tri et le recyclage des déchets acceptés dans les filières adaptées
Un suivi des collectes et des documents de traçabilité disponibles selon la prestation
Avant de réserver, il est important de préciser la nature des déchets, leur quantité approximative et les contraintes d'accès au lieu de livraison.
Pour les entreprises produisant plusieurs types de déchets, une collecte séparée de certains matériaux peut être nécessaire.
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